| Ce n'est pas un traité simplifié |
|
|
|
Lors du débat référendaire de 2005, beaucoup de Français ont compris, même instinctivement, que ce n’était pas un hasard si la constitution était illisible et incompréhensible. En leur conseillant grossièrement de se faire un avis sans lire la partie III (les 2/3 de la Constitution) Giscard d’Estaing avait encore plus éveillé leurs soupçons. Dès lors des millions de citoyens se sont emparés de l’énorme texte de la Constitution pour le passer au crible de l’esprit civique. Rien n’a pu les arrêter, ni l’ensemble des partis de gouvernement, ni tous les grands médias, ni les stars et les footballeurs appelés à la rescousse. Aujourd’hui, la droite française a bien compris la leçon : si l’on veut éviter que le peuple s’occupe du nouveau traité, il ne faut plus le lui mettre entre les mains. C’est le sens de l’engagement sarkozyste de faire ratifier le nouveau traité exclusivement par le Parlement . C’est aussi le but de l’opacité savamment organisée autour du contenu réel de la négociation sur le nouveau traité. Un texte encore plus indigeste et illisible que la Constitution européenne elle-même. En voici la preuve.
La nouvelle version du projet de traité aura été préparée dans des conditions d’opacité plus grande que celle issue de la Convention qui avait rédigé sous la présidence de Giscard d’Estaing le projet de Traité Constitutionnel. Celle–ci avait au moins eu un débat connu de la centaine de ses participants et porté le débat sur Internet. Cela n’est pas de la démocratie au sens représentatif où l’entendent les peuples civilisés, mais c’est déjà une circulation de l’information. A l’heure actuelle aucun commentateur ou analyste ne travaille sur une version consolidée officiellement reconnue . Le texte qui a été discuté au sommet de Lisbonne a été élaboré dans le dos des citoyens et des parlementaires par des représentants des Etats travaillant dans l’ombre de la CIG. Après l’expérience avortée de la Convention de 2005, plutôt que de confier le travail a faire a l’assemblée des parlementaires européens, on en est donc revenu à la pure méthode intergouvernementale qui paralyse l’Europe depuis plusieurs années. Déjà largement inopérante à 15 ou à 25, la méthode intergouvernementale fonctionne encore moins bien à 27. En organisant la discussion en fonction des antagonismes nationaux et pas en fonction de la recherche d’un intérêt général du peuple européen, cette méthode de la CIG ne peut qu’exacerber les tensions nationalistes et déboucher sur des compromis au rabais. |
|
| Dernière mise à jour : ( 19-10-2007 ) |
| < Précédent | Suivant > |
|---|
| Accueil |
| Le texte |
| Arguments |
| Historique |
| Ils ont dit ... |
| Un référendum est possible |
| Je signe ! |
| Appels |
| Nos soutiens |